Une session intense au cours de laquelle la Loi de Finance qui est le principal projet de budget du Cameroun pour l’exercice 2025 a été voté sur fond de débats parfois houleux à l’hemicycle et de plusieurs intérrogations au sein de la société civile au regard de nombreuses réformes fiscales qui bousculeront les habitudes d’une population qui survit sous de pressions diverses, rendant le quotidien de plusieurs milliers de personnes insoutenable au regard de la situation économique non reluisante et de la chèreté non voilée de la vie.
L’année 2025 sera sans aucun doute plus difficile que les années antérieures au regard de la situation économique du Cameroun dont les réformes annoncées lors des précédents exercices budgétaires sont restées lettre morte pour la plupart maintenant le pays dans une asphyxie économique essentiellement basée sur les importations. Presque tout le tissu de production interne ne bénéficie pas de facilités concrètes pour permettre aux camerounais de consommer ce qu’ils produisent. Ce qui plombe de manière substancielle les ambitions d’emergence à l’horizon 2035 projetées par la plus haute autoritée politico-asministrative et décisionnelle du pays.
Les députés ont donc voté le budget de l’Etat pour l’exercice 2025. Comme à son habitude la quote part reservée à l’investissement est relativement insignifiante par rapport à celle reservée au fonctionnement. Un fonctionnement très coûteux qui asphyxie une économie longtemps extravertie qui subie de plein fouet les conséquences du train de vie princier, inutilement coûteux, d’un gouvernement qui ne se reserve pas d’exiber des véhicules de luxe chers dont les frais d’entretien coûtent également des dixaines de milliards dans le budget annuel de l’Etat. Ce qui compromet sérieusement le désir ardent du pays de se doter d’infrastructures sociaux de base fonctionnelles pouvant améliorer le quotidien d’une jeunesse et d’une population en proie à une souffrance « entretenue » au détriment d’une clique dépensière. Sur un budget voté qui s’élève à hauteur de 7317, 7 milliards ( Sept milles trois cent dix-sept milliards sept cent millions ) de FCFA , seulement 1863,1 milliards de FCFA sont dédiés à l’investissement. Malgré une augmentation de 39,8 milliards de FCFA par rapport au Budget d’Investissement Public précédent, comment comprendre cette disparité entre le fonctionnement et l’investissement ? Au regard des conditions alarmantes dans lesquelles travaillent plus de 83% des camerounais actifs que ce soit dans le secteur public, privé ou dans le secteur informel, on a envie de poser la question de savoir au regard du volume de milliards reservé au fonctionnement, qu’ est ce qui fonctionne réellement ? En attendant la promulgation par le Président de la République S.E Paul BIYA , le Président de l’auguste chambre Cavaye Yeguié Djibril a rappelé aux membres du gouvernement présents à la clôture de cette cession que les députés ont joué leur partition en votant le budget et qu’il revient au gouvernement de l’exécuter en respectant les ambitions de développement telque décrit dans le programme économique, financier, social et culturel conforme aux très hautes instructions du Président de la République.

En dehors de la loi des finances dont les innovations fiscales ont suscité beaucoup de curiosité et de questionnements, douze autres lois parmi lesquelles celles portant sur la fiscalité locale, la protection civile, la protection des données à caractères personnelles, l’enregistrment des faits d’état civil, ont été votées.
Après avoir essuyé un échec non assumé de l’implémentation du DSCE (Document Stratégique pour la Croissance et l’Emploi) pendant une dizaine d’années, les prévisions de développement qui passent par des investissements conséquents dans des secteurs prioritaires ont été reconduites dans la SND30 (2020-2030). Au regard du visage nonchalant que présente l’environnement socio-économique au Cameroun, illustré par des tensions perceptibles dans de nombreux secteurs d’activité ainsi que des tensions sociales marquées pour une recrudescence de la violence qui impactent toutes les strates d’une société en totale perte de repères. Peut-on concrètement attendre de sérieux changements avec un gouvernement inutilement massif, dont le seul fonctionnement épuise la grande partie d’un budget durement collecté par des contribuables essoufflés, sachant que l’année 2025 est crutiale au regard d’importantes échéances électorales à venir ?